Une génération ne se punit pas.
Mais un acte, lui, a toujours des conséquences.
Manosque Terre d’Avenir prend connaissance du communiqué du Regain Manosquin intitulé « À Manosque, la jeunesse ne doit pas être punie et la culture ne doit pas
trinquer ». Sa lecture est édifiante.
Les dégradations sont à peine évoquées. Mais pas un mot sur leur gravité concrète. Pas un mot sur les agents qui ont dû faire face à cette situation. Pas un mot sur la journaliste prise à partie, insultée et bousculée. Pas un mot sur la responsabilité particulière de responsables politiques qui choisissent d’accompagner la colère plutôt que d’appeler clairement au calme lorsque la mobilisation dégénère… Pas le moindre mot de condamnation à l’encontre de ces représentants de formations politiques soutenant Le Regain, présents au cœur du cortège pour attiser les tensions !
À ceux qui s’émeuvent de la « punition » d’une génération, nous répondons avec calme et précision. Le maire de Manosque ne s’adresse pas à « une génération ». Il distingue clairement les centaines de lycéennes et lycéens qui se sont mobilisés sans rien casser de ceux qui ont profité de cette mobilisation pour commettre des violences et des dégradations. Nous entendons d’ailleurs celles et ceux qui, depuis hier, ont publiquement tenu à se désolidariser de ces actes.
C’est précisément l’inverse d’une punition collective : ne pas confondre les manifestants et les casseurs. Mais ne pas faire comme si les actes commis n’avaient aucune conséquence. Une jeunesse qui se mobilise n’est pas une jeunesse à punir, écrivent nos contradicteurs. Mais une jeunesse à laquelle on dit la vérité sur les conséquences des actes commis dans l’espace public est une jeunesse que l’on respecte.
Le Regain s’inquiète aujourd’hui de la remise en cause d’une soirée de concerts gratuits, alors même qu’il proposait lui-même, dans son programme électoral, la suppression des soirées urbaines destinées aux jeunes. Cette soudaine indignation mérite donc, au minimum, d’être mise en perspective.
Rappelons surtout l’évidence : ces concerts sont financés par l’argent public, c’est-à-dire par les Manosquines et les Manosquins. Lorsque des biens publics sont dégradés, leur réparation mobilise elle aussi de l’argent public. Cet argent ne peut pas être dépensé deux fois.
La décision concernant la soirée rap de Musiks à Manosque 2027 relève de cet arbitrage. Elle n’est ni une condamnation du rap, ni une mise en accusation de toute la jeunesse manosquine. Elle rappelle simplement que les actes ont des conséquences et que les deniers publics sont précieux.
Le Regain nous explique qu’il faudrait maintenir cette dépense. Très bien.
Qu’il dise alors clairement aux Manosquins quelle dépense réduire pour financer les réparations : l’école ? les services publics ? une autre politique culturelle ? Gouverner, c’est aussi choisir. Et on ne peut pas réclamer davantage de moyens pour la jeunesse tout en refusant de regarder en face le coût des dégradations commises dans l’espace public.
Le Regain appelle de ses vœux un « véritable dialogue avec la jeunesse manosquine ». Ce dialogue existe. Il est quotidien, concret et il se poursuivra. La municipalité continuera d’investir dans la jeunesse, l’éducation, le sport et la culture. Elle continuera également à écouter les lycéennes et les lycéens lorsqu’ils souhaitent faire entendre leurs préoccupations dans le calme et le respect.
Aujourd’hui, face aux tensions, notre majorité porte deux exigences : garantir la tranquillité publique et parler franchement à sa jeunesse.
Parler franchement à ceux qui se sont mobilisés sans violence : « Votre parole est légitime et doit pouvoir être entendue. Désolidarisez-vous de ceux qui choisissent la violence et vous manipulent ».
Parler franchement, aussi, aux auteurs de dégradations et de violences : « Vous devrez en répondre individuellement ».
Parler franchement, enfin, au Regain Manosquin : « Cessez de faire de chaque crise une opportunité. Les Manosquins ont besoin de responsables qui apaisent, pas d’agitateurs qui attisent ! ».




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